Convention collective Syntec : comment lire la grille des salaires minima ETAM et IC au 1er janvier 2025
Depuis le 1er janvier 2025, les salaires minima de la convention collective Syntec (IDCC 1486) sont ceux de l'accord du 26 juin 2024 (Annexe III). Ils vont de 1 815 € à 2 490 € bruts par mois pour les ETAM et de 2 135 € à 5 755 € pour les ingénieurs et cadres. Pour lire le bon montant, il faut connaître deux choses : votre catégorie (ETAM ou IC) et votre position / coefficient, qui figurent sur votre bulletin de paie.
Cet article s'adresse aux RH, aux dirigeants d'ESN, de bureaux d'études et de cabinets de conseil, ainsi qu'aux salariés qui veulent vérifier leur salaire minimum conventionnel. Tous les montants et règles cités proviennent des textes de la convention publiés par la DILA (base KALI), réunis dans la base Convention collective Syntec. Il explique la règle ; il ne remplace pas un conseil juridique sur une situation individuelle.
D'où vient la grille 2025 : l'accord du 26 juin 2024
L'accord du 26 juin 2024 relatif aux salaires minimaux hiérarchiques a été étendu par arrêté du 8 novembre 2024 (JORF du 27 novembre 2024). Son texte prévoit qu'il prend effet le premier jour du mois civil suivant la publication de l'arrêté d'extension, et au plus tôt le 1er janvier 2025. C'est donc cette date qui s'applique.
Deux points de son article 3 comptent en pratique :
- il annule et remplace tout accord de branche antérieur fixant des salaires minimaux hiérarchiques : les anciennes grilles ne sont plus la référence ;
- il est annexé à la convention collective comme Annexe III (Salaires minimaux de branche) ;
- il s'applique à tous les salariés des entreprises de la branche, quel que soit l'effectif (article L. 2261-23-1 du code du travail) ;
- conformément à l'article L. 2253-1 du code du travail, l'entreprise garantit un salaire effectif au moins égal au minimum correspondant à la classification, y compris si elle a son propre accord collectif sur le sujet, sauf garanties au moins équivalentes.
Les minima sont examinés une fois par an par la commission paritaire permanente de négociation et d'interprétation (CPPNI), au plus tard le 30 juin. Pour un nouvel accord éventuel conclu après cette grille, vérifiez la version en vigueur sur Légifrance : la base ne contient que l'accord du 26 juin 2024.
Grille des salaires minima ETAM au 1er janvier 2025
Les ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise) sont classés en trois groupes de fonctions : fonctions d'exécution (positions 1.x), d'études ou de préparation (positions 2.x) et de conception ou de gestion élargie (positions 3.x). Les agents de maîtrise relèvent du groupe 3. Voici les montants mensuels bruts fixés par l'accord.
Salaires minimaux ETAM (accord du 26 juin 2024, applicable au 1er janvier 2025)
| Position | Coefficient | Salaire minimum mensuel brut |
|---|---|---|
| 1.1 | 240 | 1 815 € |
| 1.2 | 250 | 1 845 € |
| 2.1 | 275 | 1 875 € |
| 2.2 | 310 | 1 905 € |
| 2.3 | 355 | 2 045 € |
| 3.1 | 400 | 2 185 € |
| 3.2 | 450 | 2 340 € |
| 3.3 | 500 | 2 490 € |
Exemple : un technicien classé position 2.2, coefficient 310 a droit à un minimum de 1 905 € bruts par mois. Un agent de maîtrise en position 3.2, coefficient 450, à 2 340 €.
Grille des salaires minima ingénieurs et cadres au 1er janvier 2025
Pour les ingénieurs et cadres (IC), la grille suit la classification de l'annexe II. Particularité à ne pas manquer : la position 2.1 comporte deux coefficients selon l'âge, 105 pour les moins de 26 ans et 115 à partir de 26 ans.
Salaires minimaux ingénieurs et cadres (accord du 26 juin 2024, applicable au 1er janvier 2025)
| Position | Coefficient | Salaire minimum mensuel brut |
|---|---|---|
| 1.1 | 95 | 2 135 € |
| 1.2 | 100 | 2 240 € |
| 2.1 (moins de 26 ans) | 105 | 2 315 € |
| 2.1 (26 ans et plus) | 115 | 2 530 € |
| 2.2 | 130 | 2 850 € |
| 2.3 | 150 | 3 275 € |
| 3.1 | 170 | 3 650 € |
| 3.2 | 210 | 4 495 € |
| 3.3 | 270 | 5 755 € |
Exemple : un ingénieur en position 2.1 âgé de 26 ans ou plus (coefficient 115) a un minimum de 2 530 € bruts mensuels, contre 2 315 € au coefficient 105 réservé aux moins de 26 ans. Un ingénieur d'études en position 2.2 (coefficient 130) a un minimum de 2 850 €.
Un plancher, pas un barème
L'annexe II le précise : les appointements effectifs peuvent s'échelonner à partir du minimum de la position sans limitation supérieure, et le minimum d'une position ne constitue pas le maximum des positions inférieures. La grille dit ce qu'on ne peut pas payer en dessous, pas ce qu'il faut payer.
Trouver sa position et son coefficient
Le premier réflexe est le bulletin de paie : l'article 7.4 de la convention impose d'y faire figurer la classification professionnelle et le coefficient hiérarchique, ainsi que l'intitulé de la convention collective. Si l'information manque ou semble fausse, les critères de classement sont dans les annexes I (ETAM) et II (IC).
- Seule la fonction réellement exercée compte pour le classement (article 7.2), pas l'intitulé du poste ni le diplôme.
- Un salarié dont les fonctions relèvent de façon continue de plusieurs catégories est classé dans la plus élevée.
- Un diplômé qui n'occupe pas un poste mettant en œuvre les connaissances de son diplôme relève de la classification ETAM, pas IC (article 1.2).
- Côté IC, la position 1.2 vise les débutants titulaires du diplôme des écoles visées pour les ingénieurs ; la position 2.1 suppose au moins 2 ans de pratique ; la position 2.3 au moins 6 ans de pratique en qualité d'ingénieur ou cadre.
- Côté ETAM, les niveaux de formation indiqués dans les définitions ne créent pas de lien automatique avec le classement : les connaissances peuvent être acquises par l'expérience.
Point d'attention : la classification ETAM de l'annexe I décrit aussi des positions 1.3 et 1.4, qui n'apparaissent pas dans la grille de l'accord du 26 juin 2024 (elle commence à 1.1 puis passe de 1.2 à 2.1). Si un salarié est classé à l'une de ces positions, le montant applicable n'est pas donné par la grille : vérifiez sur Légifrance ou auprès de la branche.
Vérifier que la rémunération respecte le minimum
La comparaison ne se fait pas « brut de bulletin contre montant de la grille ». L'article 7.1 de la convention fixe ce qui entre dans l'assiette et la façon de comparer.
Ce qui compte et ce qui ne compte pas (article 7.1)
| Élément de rémunération | Pris en compte pour le minimum ? |
|---|---|
| Avantages en nature évalués d'un commun accord et mentionnés au contrat | Oui |
| Primes d'assiduité, de participation et d'intéressement | Non |
| Primes et gratifications de caractère exceptionnel | Non |
| Remboursements de frais ; indemnités de déplacement ou de détachement | Non |
| Rémunération des heures supplémentaires et complémentaires | Non |
| Indemnité compensatrice de congés payés | Non |
La vérification est annuelle : les éléments retenus sont intégrés dans la rémunération annuelle, dont 1/12 ne doit en aucun cas être inférieur au minimum. Mais il y a aussi un plancher mensuel : la rémunération du mois ne peut pas descendre sous 95 % du minimum mensuel, ou 92 % en cas de 13e mois. Si un salarié payé chaque mois en dessous du minimum quitte l'entreprise en cours d'année, l'employeur doit compléter pour atteindre au moins le minimum sur sa période de présence.
- Identifier la position et le coefficient (bulletin de paie, puis annexes I ou II).
- Lire le minimum mensuel dans la grille de l'accord du 26 juin 2024.
- Calculer la rémunération annuelle retenue : salaire de base et éléments inclus, sans les primes et sommes exclues listées ci-dessus.
- Vérifier que 1/12 de ce total atteint le minimum.
- Vérifier qu'aucun mois ne passe sous 95 % du minimum (92 % avec un 13e mois).
- Pour un salarié au forfait jours, appliquer en plus la majoration prévue par l'accord sur la durée du travail (voir plus bas).
Exemple chiffré : pour un ingénieur en position 2.2 (coefficient 130), le minimum est de 2 850 € par mois, soit 34 200 € sur douze mois. S'il perçoit un 13e mois, son salaire mensuel peut être inférieur à 2 850 €, à condition de ne jamais descendre sous 92 % de ce montant, soit 2 622 €, et que 1/12 de la rémunération annuelle retenue atteigne bien 2 850 €.
Forfait jours, prime de vacances : ce que la grille ne dit pas seule
La grille donne un plancher général, mais d'autres textes de la convention s'y ajoutent. Pour les salariés au forfait 218 jours, l'accord du 22 juin 1999 sur la durée du travail exige une rémunération annuelle au moins égale à 120 % du minimum conventionnel de la catégorie, et 122 % pour le personnel classé en position 2.3 de la grille des cadres. Pour un cadre 2.3, le calcul se fait donc sur la base de 3 275 € par mois, majorée.
Par ailleurs, l'article 7.3 impose à l'employeur de réserver chaque année au moins 10 % de la masse globale des indemnités de congés payés au paiement d'une prime de vacances. Un 13e mois ou une prime d'objectifs prévue au contrat ne peuvent pas s'y substituer.
Erreurs fréquentes à éviter
- Utiliser une ancienne grille : l'accord du 26 juin 2024 a annulé et remplacé les accords de salaires antérieurs.
- Oublier le critère d'âge en position 2.1 IC : à 26 ans, le coefficient passe de 105 à 115 et le minimum de 2 315 € à 2 530 €.
- Compter les heures supplémentaires ou l'intéressement pour atteindre le minimum : ils sont exclus.
- Classer selon le diplôme plutôt que selon la fonction réellement exercée.
- Croire que l'accord ne vise que les grandes entreprises : il s'applique quel que soit l'effectif.
- Annoncer une hausse non signée : l'annexe mentionne seulement l'engagement des organisations professionnelles de proposer une augmentation de 20 € par mois de chaque grille lors du cycle de négociation 2025. Ce n'est pas un nouveau montant applicable.
Pour un cas précis, la base répond à des questions comme « Quel est le salaire minimum mensuel brut applicable au 1er janvier 2025 pour un ETAM en position 2.2, coefficient 310 ? », en citant le passage exact de l'accord.
Vérifiez un minimum Syntec en une question
Grille ETAM et IC 2025, période d'essai, préavis, forfait jours, maintien de salaire : interrogez les textes consolidés de la convention collective Syntec et obtenez des réponses sourcées.
D'autres conventions et réglementations sont disponibles dans le catalogue des bases.
Questions fréquentes
Quel est le salaire minimum Syntec d'un ingénieur débutant en 2025 ?
Selon l'accord du 26 juin 2024, applicable au 1er janvier 2025 : 2 135 € bruts par mois en position 1.1 (coefficient 95) et 2 240 € en position 1.2 (coefficient 100), cette dernière visant les débutants titulaires du diplôme des écoles visées pour les ingénieurs.
Quel est le salaire minimum d'un ETAM au coefficient 310 ?
1 905 € bruts par mois : c'est le minimum de la position 2.2, coefficient 310, dans la grille ETAM applicable depuis le 1er janvier 2025.
Le 13e mois compte-t-il pour atteindre le minimum Syntec ?
La vérification se fait sur la rémunération annuelle, dont 1/12 doit atteindre le minimum, hors éléments exclus (primes exceptionnelles, intéressement, heures supplémentaires, frais…). En cas de 13e mois, la rémunération mensuelle peut descendre jusqu'à 92 % du minimum mensuel, mais pas en dessous (article 7.1).
Une petite entreprise de la branche doit-elle appliquer la grille ?
Oui. L'accord précise que ses stipulations sur les salaires minimaux s'appliquent à tous les salariés des entreprises relevant de la convention, quel que soit leur effectif (article L. 2261-23-1 du code du travail).
La grille Syntec a-t-elle été revalorisée après 2025 ?
La base contient l'accord du 26 juin 2024, le plus récent étendu en vigueur à la date de sa constitution. Il mentionne seulement l'engagement de proposer une hausse de 20 € par mois lors du cycle 2025. Pour un accord ultérieur, consultez la convention sur Légifrance.
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