Fréquence montagne 123,065 MHz : ce qui change depuis le 1er novembre 2025
Oui, la fréquence montagne a changé : depuis le 1er novembre 2025, c'est le 123,065 MHz, qui remplace le 130,0 MHz. Selon le guide DGAC/DSAC « Le vol en montagne : les bonnes pratiques » (version janvier 2026), elle est obligatoire dans la circulation d'aérodrome des altiports et altisurfaces qui n'ont pas de fréquence propre, et recommandée pendant les autres phases de vol en montagne lorsqu'on ne peut pas établir le contact avec le Service d'information de vol (SIV).
Les mémos, planchettes et checklists rédigés avant cette date peuvent encore afficher le 130,0. Cet article reprend ce qu'en dit la source officielle présente dans la base, explique pourquoi cette fréquence compte en montagne et rappelle la phraséologie proposée par la DGAC. Il ne remplace pas la consultation des publications aéronautiques en vigueur (cartes VAC, AIP) avant chaque vol.
Ce que dit exactement le guide DGAC/DSAC
Le guide présente l'utilisation de la fréquence montagne comme un moyen d'améliorer la conscience de la circulation aérienne entre les équipages. Le texte distingue clairement deux situations :
Fréquence montagne 123,065 MHz : obligatoire ou recommandée ?
| Situation | Statut | Pourquoi |
|---|---|---|
| Circulation d'aérodrome d'un altiport ou d'une altisurface sans fréquence propre | Obligatoire | Permettre aux aéronefs qui évoluent à proximité ou survolent le site d'identifier la position de l'aéronef qui manœuvre, et prévenir les risques d'abordage. |
| Autres phases de vol en montagne, lorsqu'un contact radio avec le SIV n'est pas possible | Recommandée | Partager sa position et ses intentions avec les autres pilotes du secteur. |
| Aéronef équipé de deux ensembles VHF | Bonne pratique : veille de la fréquence montagne | Rester informé du trafic montagne tout en étant sur une autre fréquence. |
La phrase clé, à retenir pour mettre à jour vos documents : « Cette fréquence a remplacé la fréquence 130,0 MHz depuis le 1er novembre 2025. » Le guide est diffusé avec l'Info Sécurité DGAC n° 2026/01 du 10 mars 2026, qui recommande aux pilotes volant en montagne d'en prendre connaissance et aux organismes concernés (NCO, ballons, SPO/TA91, ATO, DTO, instruction ULM) de relayer le lien.
Ce que la base ne précise pas
La base ne contient ni le texte réglementaire qui a acté le changement, ni la liste des altiports et altisurfaces disposant d'une fréquence propre, ni les fréquences SIV par secteur. Pour un site donné, vérifiez la carte VAC ou la fiche de la plateforme et les publications aéronautiques en vigueur.
Pourquoi une fréquence commune compte autant en montagne
En montagne, le trafic se concentre dans les mêmes vallées, autour des mêmes cols et sur les trajectoires d'intégration des altiports. Le guide énumère les menaces : parapentes nombreux près des zones de lancement et parfois isolés près des circuits d'aérodrome, en toute saison ; planeurs en vol de pente ; hélicoptères ; grands rapaces. Les angles morts des cabines aggravent le problème : hélicoptères en montée à forte pente, avions à ailes hautes en montée, avions à ailes basses en descente.
Le rapport annuel sécurité DSAC 2025 illustre ce risque. L'Instance de sécurité de l'aviation légère (ISAL) redoutait depuis plusieurs années la collision d'un aéronef motorisé avec un parapente ; elle s'est produite en 2025 en montagne, sur la trajectoire d'intégration de l'altiport de Méribel, causant le décès des deux pilotes de l'avion, le tandem en parapente ayant été sauvé par son parachute de secours. Le rapport note que des collisions en vol (MAC, Mid Air Collision) sont régulièrement notifiées.
La radio n'est qu'une couche de protection. Le guide recommande fortement l'équipement en dispositif de visibilité électronique (e-conspicuity) et l'usage d'un transpondeur allumé, tout en rappelant que l'interopérabilité de ces systèmes n'est pas garantie : ils restent une aide au principe de base du « voir et éviter ». Les passagers peuvent aussi participer à la surveillance après un briefing approprié.
Le guide rappelle enfin que les règles de l'air (SERA) donnent la priorité aux aéronefs non motorisés, mais qu'il appartient à chaque pilote de garder ses distances et de céder le passage lorsqu'il sait que la manœuvrabilité de l'autre aéronef est entravée. Annoncer sa position sur la fréquence montagne aide justement les autres usagers, planeurs compris, à anticiper. Ce n'est pas un hasard si l'un des « 11 commandements du vol en montagne » qui concluent le guide est : « Je communique efficacement sur ma position et mon altitude et je branche mon transpondeur. »
Quels messages passer sur 123,065 MHz
Pour ne pas saturer la fréquence et faciliter le repérage, le guide demande une phraséologie concise. Le premier message doit permettre aux autres pilotes de situer votre secteur sans précision excessive. Il contient, dans cet ordre :
- Type d'aéronef (il peut être utile de commencer par « hélicoptère » ou « ULM ») ;
- Immatriculation ;
- Provenance et destination : pas forcément les aérodromes, plutôt des points remarquables qui permettent d'imaginer la trajectoire ;
- Altitude, exprimée de préférence en QNH ;
- Position, de préférence par rapport à des lieux connus (massifs, sommets, cols) ;
- Trajectoire ;
- Intentions.
Exemple donné par le guide : « Mousquetaire F-PA, du Versoud vers Courchevel, 8000 ft QNH 1014, approche du col de la Madeleine du Sud vers le Nord. » Si un autre pilote juge sa trajectoire conflictuelle, sa réponse précise les positions relatives : « Écureuil F-XM, en montée initiale de Courchevel, 6500 ft QNH 1014 en montée vers 8500 ft, approche également le col de la Madeleine estimé dans deux minutes, je le franchirai côté Est. » Réponse : « Mousquetaire F-PA, reçu, je le franchirai côté Ouest. »
La fréquence sert aussi à transmettre des informations utiles à la sécurité : « Mousquetaire F-PA, je signale de fortes turbulences au passage du col de la Madeleine. » Le guide donne chaque exemple en français et en anglais, et souligne que la connaissance de l'anglais est utile à la sécurité en présence de pilotes non francophones.
QNH, altimètre et température : les compléments radio
Annoncer une altitude n'a de valeur que si tout le monde parle la même référence. Le guide recommande de privilégier le QNH, en précisant qu'il peut varier rapidement et doit être fréquemment réactualisé. Il rappelle aussi que la température influe sur l'altitude vraie : quand il fait plus froid, on est plus bas que ce qu'indique l'altimètre. Une altitude annoncée correcte ne garantit donc pas, seule, la marge par rapport au relief, qui doit rester d'au moins 500 ft (150 m) pour les aéronefs motorisés.
Checklist : mettre à jour ses habitudes radio
- Remplacer 130,0 par 123,065 MHz sur sa planchette, ses mémos, sa checklist et son application de navigation.
- Vérifier, pour chaque altiport ou altisurface prévu, s'il dispose d'une fréquence propre ; sinon, la fréquence montagne est obligatoire dans sa circulation d'aérodrome.
- En transit près d'un altiport ou d'une altisurface, se tenir à l'écart de la circulation d'aérodrome, comme le demande le guide.
- Préparer au sol les noms des massifs, sommets et cols du trajet, pour des messages de position compréhensibles.
- Avec deux VHF, veiller la fréquence montagne en plus de celle du SIV.
- Allumer le transpondeur et, si l'aéronef en est équipé, le dispositif de visibilité électronique.
- Briefer les passagers sur la surveillance du ciel.
La base Sécurité des vols en aviation légère (DGAC/DSAC) contient le guide de janvier 2026, l'Info Sécurité 2026/01 et le rapport annuel 2025. Vous pouvez lui demander directement : « Quelle fréquence radio utiliser pour signaler sa position en vol de montagne ? » La réponse cite le passage du guide. Elle ne couvre pas la gestion du carburant, le givrage carburateur ni le vol de nuit.
Vérifiez la règle à la source
Interrogez le guide DGAC/DSAC du vol en montagne : fréquence 123,065 MHz, phraséologie, altimétrie, anticollision. Chaque réponse cite le document.
Sources : guide « Le vol en montagne : les bonnes pratiques », janvier 2026, Info Sécurité DGAC 2026/01 et rapport annuel sur la sécurité aérienne 2025.
Questions fréquentes
Quelle est la nouvelle fréquence montagne ?
C'est le 123,065 MHz. Selon le guide DGAC/DSAC de janvier 2026, elle a remplacé la fréquence 130,0 MHz depuis le 1er novembre 2025.
La fréquence 123,065 MHz est-elle obligatoire ?
Elle est obligatoire dans la circulation d'aérodrome des altiports et altisurfaces qui ne disposent pas d'une fréquence propre. Pendant les autres phases de vol en montagne, elle est recommandée lorsqu'il n'est pas possible d'établir un contact radio avec le Service d'information de vol.
Peut-on encore utiliser le 130,0 MHz en montagne ?
Le guide DGAC/DSAC indique que le 123,065 MHz a remplacé le 130,0 MHz depuis le 1er novembre 2025 : c'est donc la fréquence montagne à utiliser. Mettez à jour vos mémos et checklists.
Que dire dans un message de position en montagne ?
Type d'aéronef, immatriculation, provenance et destination (en points remarquables), altitude en QNH, position par rapport à des lieux connus, trajectoire et intentions. Le message doit rester concis pour ne pas saturer la fréquence.
Quelle référence altimétrique utiliser à la radio en montagne ?
Le guide recommande de communiquer une altitude exprimée en QNH, en le réactualisant fréquemment car il peut varier rapidement.
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