Comparatif

Arrêt maladie dans la convention Syntec : maintien de salaire puis relais de la prévoyance, qui paie et quand ?

L'équipe Kopik7 min de lecture

Dans la convention Syntec, un arrêt maladie est indemnisé en deux temps. D'abord l'employeur complète les indemnités journalières pendant 90 jours au maximum sur 12 mois : un ingénieur ou cadre ayant plus d'un an d'ancienneté est maintenu à 100 % de son salaire brut pendant ces 90 jours, un ETAM selon un mix 100 % / 80 % qui dépend de son ancienneté. Au-delà de 90 jours consécutifs, c'est le régime de prévoyance de l'accord du 27 mars 1997 qui prend le relais, à hauteur de 80 % du salaire brut de référence.

Ce comparatif s'adresse aux salariés et aux RH qui veulent comprendre qui paie quoi lors d'un arrêt long. Il s'appuie sur le titre 9 de la convention (version consolidée) et sur l'accord de prévoyance du 27 mars 1997 modifié, tous deux dans la base Convention collective Syntec. Il ne remplace ni l'examen de votre contrat de prévoyance d'entreprise ni un conseil individuel.

Premier temps : le maintien de salaire par l'employeur

L'article 9.2 impose à l'employeur de verser des allocations maladie qui complètent les indemnités journalières de la sécurité sociale et, le cas échéant, les prestations d'un régime de prévoyance. Les conditions d'ouverture du droit diffèrent selon l'origine de l'arrêt :

  • Accident du travail ou maladie professionnelle : droit acquis dès le premier jour de présence dans l'entreprise ;
  • autre maladie ou accident : droit acquis après un an d'ancienneté (ancienneté au sens de l'article 3.7) ;
  • l'allocation est due dès le premier jour d'absence dûment constatée par certificat médical ;
  • la garantie couvre 90 jours au maximum, consécutifs ou non, sur une période de 12 mois consécutifs.

Maintien de salaire conventionnel (article 9.2)

Catégorie et anciennetéÀ 100 % du salaire brutÀ 80 % du salaire brutTotal
ETAM, plus d'1 an et moins de 5 ans30 jours60 jours suivants90 jours
ETAM, plus de 5 ans60 jours30 jours suivants90 jours
Ingénieurs et cadres, plus d'1 an90 joursaucun90 jours

Deux limites encadrent le calcul : l'allocation ne peut jamais conduire le salarié à toucher plus que la rémunération nette qu'il aurait perçue en travaillant, et le complément est calculé hors primes et gratifications. Si le salarié franchit un palier d'ancienneté pendant l'arrêt, le nouveau taux s'applique aux jours restant à courir.

Les obligations du salarié

Prévenir l'employeur dès que possible et au plus tard dans les 24 heures (motif et durée probable), puis justifier l'absence par certificat médical dans les 48 heures à compter du premier jour. L'employeur qui complète les indemnités journalières peut faire effectuer une contre-visite par un médecin de son choix (article 9.1).

Deuxième temps : le relais de la prévoyance après 90 jours

L'article 9.2 renvoie explicitement à l'accord de branche du 27 mars 1997 : au-delà de 90 jours consécutifs d'absence, le relais est assuré par ce régime minimum obligatoire, qui couvre tous les ETAM, ingénieurs et cadres de la branche, sans sélection médicale (hors enquêteurs vacataires relevant d'un autre régime).

  • Garantie incapacité temporaire : arrêt total indemnisé par la sécurité sociale, hors maternité ;
  • délai de carence : 90 jours consécutifs d'arrêt ;
  • montant : complément des versements de la sécurité sociale jusqu'à 80 % du salaire brut de référence, pour un salarié ayant plus d'un an d'ancienneté, jusqu'au classement en invalidité, sans dépasser le salaire net qu'il aurait perçu ;
  • cotisations : aucune n'est due au titre des garanties incapacité et invalidité par le salarié qui en perçoit les prestations, et les garanties sont maintenues pendant l'arrêt indemnisé jusqu'à la reprise ou la retraite.

Le salaire de référence de la prévoyance (article 8 de l'accord) est le total des rémunérations brutes des 12 mois précédant l'événement, avec tous les éléments contractuels soumis à cotisation, dans la limite des tranches A, B et C. Il diffère donc de l'assiette du maintien de salaire, qui exclut primes et gratifications.

Exemples : un arrêt de 150 jours, cadre ou ETAM

Qui paie quoi pendant un arrêt maladie continu de 150 jours (salarié ayant 3 ans d'ancienneté)

PériodeIngénieur ou cadreETAM
Jours 1 à 30Employeur : complément jusqu'à 100 % du brutEmployeur : complément jusqu'à 100 % du brut
Jours 31 à 90Employeur : complément jusqu'à 100 % du brutEmployeur : complément jusqu'à 80 % du brut
À partir du 91e jourPrévoyance : complément jusqu'à 80 % du brut de référencePrévoyance : complément jusqu'à 80 % du brut de référence

Dans les deux cas, les indemnités journalières de la sécurité sociale constituent la base et les compléments ne peuvent pas porter le total au-dessus du net qu'aurait touché le salarié. Pour un ETAM de plus de 5 ans, la phase à 100 % dure 60 jours au lieu de 30.

Arrêts répétés : un point à vérifier

Le maintien employeur se décompte sur 90 jours consécutifs ou non par période de 12 mois, alors que la carence de la prévoyance est de 90 jours consécutifs. La base ne précise pas comment s'articulent les deux en cas d'arrêts courts et répétés : reportez-vous au contrat de prévoyance de l'entreprise.

Si l'arrêt se prolonge : l'invalidité

Lorsque la sécurité sociale classe le salarié en invalidité, la garantie incapacité s'arrête et l'article 7 de l'accord de prévoyance prévoit une rente complémentaire, versée mensuellement jusqu'à la retraite :

Rente complémentaire d'invalidité (accord du 27 mars 1997, article 7)

SituationComplément de la prévoyance
Accident du travail, taux d'invalidité de 66 % ou plusJusqu'à 80 % du salaire brut de référence, sans dépasser le net d'activité ; versement anticipé du capital décès possible
Accident du travail, taux de 33 % à 65 %Complément calculé sur la base de 3n/2 de la rente ci-dessus (n = taux d'invalidité)
Maladie, invalidité 2e ou 3e catégorieJusqu'à 80 % du salaire brut de référence, sans dépasser le net d'activité ; capital décès anticipé possible en 3e catégorie
Maladie, invalidité 1re catégorieComplément divisé par deux

En cas de décès : capital et rente éducation

  • Capital décès : 200 % du salaire de référence, avec un minimum de 200 % du plafond annuel de la sécurité sociale pour les salariés ne relevant pas du régime de retraite des cadres et de 300 % pour ceux qui en relèvent (prorata pour les temps partiels). Il peut être transformé en rente à la demande des ayants droit.
  • Bénéficiaires à défaut de désignation : conjoint non séparé de corps, puis partenaire de PACS ou concubin notoire, puis enfants, puis parents, puis héritiers.
  • Invalidité absolue et définitive (3e catégorie avec tierce personne, avant la retraite) : versement anticipé du capital.
  • Rente éducation par enfant à charge, cumulable avec le capital : 12 % du salaire de référence jusqu'à 18 ans, 15 % de 18 à 26 ans, avec des minima de 12 % puis 15 % du plafond annuel de la sécurité sociale (non-cadres) ou 24 % puis 30 % (cadres).

La valeur du plafond annuel de la sécurité sociale n'est pas reproduite dans la base : retenez celle en vigueur au jour du décès, sur la source officielle.

Maternité et paternité : un régime à part

La garantie incapacité de la prévoyance exclut la maternité, mais le titre 9 prévoit ses propres règles. La salariée ayant plus d'un an d'ancienneté au début de son congé maternité conserve le maintien intégral de son salaire mensuel pendant le congé légal, sous déduction des indemnités de la sécurité sociale et de la prévoyance ; si l'année est atteinte pendant le congé, le maintien s'applique aux jours restants. Pour le congé de paternité et d'accueil de l'enfant, l'employeur complète l'allocation de la sécurité sociale jusqu'à 100 % du salaire de base (hors primes), sous réserve d'un an d'ancienneté, dans la limite de la valeur journalière du plafond de la sécurité sociale.

Vous pouvez poser votre cas directement, par exemple « Jusqu'à combien de jours d'arrêt maladie un ingénieur ou cadre ayant plus d'un an d'ancienneté est-il maintenu à 100 % ? » ou « Je suis enceinte, vais-je perdre du salaire pendant mon congé maternité ? » : la réponse cite l'article de la convention ou de l'accord de prévoyance.

Arrêt maladie, invalidité, décès : vérifiez dans les textes

Maintien de salaire ETAM et cadres, relais de la prévoyance, capital décès, maternité : interrogez la convention collective Syntec et son accord de prévoyance, avec les passages cités.

Questions fréquentes

Combien de temps un cadre Syntec est-il payé à 100 % en arrêt maladie ?

90 jours à 100 % du salaire brut sur une période de 12 mois consécutifs, s'il a plus d'un an d'ancienneté, sans pouvoir dépasser le net qu'il aurait perçu.

Que se passe-t-il après 90 jours d'arrêt maladie en Syntec ?

Au-delà de 90 jours consécutifs, le régime de prévoyance du 27 mars 1997 prend le relais : complément des indemnités journalières jusqu'à 80 % du salaire brut de référence, pour un salarié ayant plus d'un an d'ancienneté, jusqu'au classement en invalidité.

Un ETAM a-t-il le même maintien de salaire qu'un cadre ?

Non. Un ETAM ayant plus d'un an et moins de 5 ans d'ancienneté a 30 jours à 100 % puis 60 jours à 80 % ; au-delà de 5 ans, 60 jours à 100 % puis 30 jours à 80 %. Un cadre de plus d'un an a 90 jours à 100 %.

Quel est le montant du capital décès Syntec ?

200 % du salaire de référence, avec un minimum de 300 % du plafond annuel de la sécurité sociale pour les salariés relevant du régime de retraite des cadres et de 200 % pour les autres, au prorata pour les temps partiels.

Y a-t-il un maintien de salaire dès l'embauche ?

Seulement en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, où le droit est acquis dès le premier jour de présence. Pour les autres maladies et accidents, il faut un an d'ancienneté.

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