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Comment faire voler son drone en catégorie Ouverte : guide pas à pas (A1, A2, A3)

L'équipe Kopik9 min de lecture

La catégorie Ouverte couvre les vols de drones à faible risque, de loisir comme professionnels : drone de moins de 25 kg, toujours en vue, à 120 m de hauteur au maximum, jamais au-dessus d'un rassemblement de personnes et jamais de nuit. Elle ne demande ni déclaration ni autorisation vol par vol. Tout repose sur la sous-catégorie dans laquelle vous volez : A1 près des personnes, A2 à distance des personnes, A3 loin des personnes. Elle dépend de la classe de votre drone et fixe vos distances de sécurité et votre formation.

Ce guide pas à pas suit le guide DSAC Catégorie Ouverte (édition 2, version 1.1 du 26 juillet 2026) et le règlement d'exécution (UE) 2019/947, en version consolidée au 1er mai 2025. Il s'adresse aux télépilotes de loisir hors associations d'aéromodélisme et aux petites entreprises qui veulent rester dans le cadre simplifié.

Étape 1 : vérifier que votre vol relève bien de la catégorie Ouverte

La réglementation européenne classe les opérations selon leur niveau de risque, et non selon leur finalité, loisir ou professionnelle. La catégorie Ouverte suppose un vol en vue directe, dans des lieux et à des hauteurs compatibles avec les restrictions d'espace qui lui sont applicables. Si ce n'est pas le cas (vol hors vue, drone de 25 kg ou plus, survol de zones interdites en catégorie Ouverte), l'opération bascule en catégorie Spécifique, avec déclaration ou autorisation.

  • Masse au décollage inférieure à 25 kg, équipements et batterie compris.
  • Vue directe : contact visuel continu, sans aide, permettant de contrôler la trajectoire.
  • Pas de largage de charges, pas d'épandage, pas de transport de marchandises dangereuses.
  • Âge : 14 ans minimum en France, sauf exceptions (drone C0 jouet, drone de moins de 250 g construit à titre privé, supervision directe par un télépilote d'au moins 16 ans).
  • Enregistrement d'exploitant sur AlphaTango si le drone pèse plus de 250 g, a une énergie d'impact supérieure à 80 J ou porte une caméra (sauf jouet).

Étape 2 : trouver votre sous-catégorie A1, A2 ou A3

Le principe est simple : plus le drone est lourd, plus il doit voler loin des tiers, et plus la formation exigée est poussée. La classe (C0 à C4) est apposée par le constructeur ; c'est elle, et non une pesée maison, qui détermine la sous-catégorie possible.

Les trois sous-catégories de la catégorie Ouverte

Sous-catégorieDrones admisDistance des tiersFormation
A1 (près des personnes)C0 (< 250 g), C1 (< 900 g), drone < 250 g mis sur le marché avant le 1er janvier 2024 ou construit à titre privéSurvol de personnes isolées toléré en C0 / < 250 g ; aucun survol en C1 ; jamais de rassemblementManuel du constructeur ; examen A1/A3 obligatoire en C1
A2 (à distance des personnes)C2 (< 4 kg)30 m, réduits à 5 m si la fonction basse vitesse est disponible et enclenchée ; règle 1:1Examen A1/A3 + autoformation pratique déclarative + examen complémentaire A2 (brevet d'aptitude de pilote à distance)
A3 (loin des personnes)C2, C3 (< 25 kg), C4 (< 25 kg), drone construit à titre privé < 25 kg, drone sans classe mis sur le marché avant le 1er janvier 2024150 m des zones résidentielles, commerciales, industrielles et récréatives ; 30 m au moins d'une personne qui traverse la zone ; règle 1:1Examen A1/A3 obligatoire

Deux précisions utiles. D'abord, depuis le 1er janvier 2024, tout drone mis sur le marché doit porter une mention de classe pour voler en catégorie Ouverte ; un drone sans classe acheté avant cette date reste utilisable en A1 s'il pèse moins de 250 g, en A3 au-delà. Ensuite, les classes C1, C2 et C3 embarquent l'identification directe à distance et la géovigilance, tandis que la classe C4, sans moyen de contrôle automatique, vise les aéromodèles « prêts à voler ».

Étape 3 : respecter la hauteur maximale de 120 m

Le guide est formel : « Les aéronefs sans équipage à bord en catégorie Ouverte ne doivent pas être utilisés à une hauteur supérieure à 120 mètres au-dessus du sol ou de l'eau. » Le règlement 2019/947 précise la mesure en terrain accidenté : depuis une élévation naturelle ou au-dessus d'un relief, le drone est maintenu à 120 m au maximum du point le plus proche de la surface de la Terre, et non de son point de décollage.

  • Hauteurs réduites au voisinage des aérodromes et dans les zones de vol à basse hauteur des aéronefs militaires : on peut se trouver à plusieurs kilomètres d'un aéroport et être déjà en zone de restriction.
  • Obstacle artificiel de plus de 105 m : dans un rayon horizontal de 50 m autour de lui, la hauteur peut monter jusqu'à 15 m au-dessus de l'obstacle, à la demande de l'entité qui en est responsable.
  • Planeurs sans équipage de moins de 10 kg : ils peuvent dépasser 120 m au-dessus du sol, à condition de ne jamais voler à plus de 120 m au-dessus du pilote.
  • Zones SETBA (vol basse hauteur militaire) : tout vol d'un drone de 900 g ou plus doit y être notifié aux Armées via AlphaTango pendant les heures d'activité.

Pour connaître la hauteur autorisée à un endroit donné, la DGAC renvoie à la carte des restrictions pour la catégorie Ouverte et l'aéromodélisme, publiée sur le Géoportail avec l'IGN. Elle ne montre pas tout : hélistations privées, interdictions temporaires liées à la nidification et zones temporaires n'y figurent pas, d'où l'intérêt de consulter aussi le site du SIA.

Étape 4 : garder les bonnes distances avec les personnes

Dans toutes les sous-catégories, le survol de rassemblements de personnes est interdit. Le règlement définit un rassemblement comme un regroupement « où la densité des personnes présentes empêche ces dernières de s'éloigner ». Au-delà, chaque sous-catégorie a sa règle :

  • A1 : en C1, aucune personne ne doit être survolée et un survol imprévu doit être écourté au maximum ; avec un drone de moins de 250 g, le survol de personnes isolées est toléré mais doit être évité. En mode « suivez-moi », le drone reste à 50 m au plus du télépilote.
  • A2 : 30 m de distance horizontale des tiers, réduits à 5 m si la fonction basse vitesse est enclenchée et le risque bien maîtrisé (météo, performances, configuration du lieu).
  • A3 : une zone où aucune personne non impliquée ne sera mise en danger, à 150 m des zones résidentielles, commerciales, industrielles ou récréatives ; si quelqu'un traverse la zone, éloignez le drone à 30 m au moins.

La règle 1:1

En A2 et en A3, la distance minimale avec toute personne non impliquée doit à tout moment être au moins égale à la hauteur de vol. Exemple donné par le guide : à 40 m de hauteur, il faut au moins 40 m de distance horizontale.

Étape 5 : voler de jour, hors agglomération et en vue

Trois interdits reviennent dans toutes les sources de la DGAC : le vol de nuit, le vol au-dessus de l'espace public en agglomération (sauf activité professionnelle) et le dépassement de 120 m.

La nuit est la « nuit aéronautique ». En métropole, elle commence 30 minutes après le coucher du soleil et se termine 30 minutes avant son lever (15 minutes outre-mer, sous les latitudes de 30° ou moins). L'interdiction vaut même si le drone porte des lumières. Une dérogation peut être demandée au préfet territorialement compétent, au moins 30 jours avant les vols, et certains sites d'aéromodélisme publiés l'autorisent explicitement.

En agglomération, l'espace public comprend les voies publiques et les lieux ouverts au public (plages, jardins, promenades…). Un particulier ne peut y voler que dans un espace privé, avec l'accord de l'occupant, ou dans un lieu public autorisé par décision préfectorale. Un professionnel peut y voler en catégorie Ouverte, mais un vol en zone peuplée doit alors être déclaré à la préfecture avec un préavis de 10 jours ouvrables, via AlphaTango ou le CERFA 15476.

Enfin, le drone reste en vue directe du télépilote. Un vol en immersion (FPV) ou un « suivez-moi » hors du champ de vision n'est possible qu'avec un observateur placé à côté du télépilote. Le vol automatique est autorisé si le télépilote peut reprendre la main à tout moment ; le vol autonome sans possibilité d'intervenir est interdit.

Étape 6 : la check-list avant chaque vol

  1. Le vol est-il possible sur ce site ? Carte du Géoportail, SIA pour les zones temporaires, absence de zone interdite à la captation de données si vous filmez.
  2. Quelle est la hauteur maximale autorisée ici, et les distances aux personnes pourront-elles être tenues ?
  3. Avez-vous vos documents : attestation de formation (et brevet pour l'A2), attestation d'enregistrement d'exploitant, extrait du registre si le drone pèse 800 g ou plus ?
  4. Le drone ne dépasse-t-il pas la plage de masse déclarée (ou 800 g s'il n'est pas enregistré) ?
  5. Contrôles du constructeur faits, retour automatique et limites paramétrés, batteries du drone et de la radiocommande en bon état et chargées ?
  6. Position GPS cohérente (au moins 4 satellites pour les drones équipés), météo et vent compatibles, pas de risque de brouillage ?
  7. Êtes-vous en état de piloter ? Il est interdit de télépiloter sous l'influence d'alcool ou de substances psychotropes.
  8. Votre responsabilité civile couvre-t-elle l'activité, ou avez-vous une assurance spécifique ?

Pour un vol donné, la base Kopik sur la réglementation des drones permet de vérifier un point précis, par exemple « Quelle est la hauteur maximale de vol autorisée en catégorie Ouverte ? » ou la distance applicable en A2, avec la citation du guide à l'appui.

Formation : de l'examen en ligne au brevet A2

L'examen A1/A3 est gratuit, en ligne : 40 questions, 75 % de bonnes réponses, tentatives illimitées, validité 5 ans. Pour l'A2, il faut en plus une autoformation pratique déclarative, réalisée dans les conditions de l'A3, et un examen complémentaire de 30 questions (75 % requis) portant sur la météorologie, les performances de vol et les mesures d'atténuation des risques au sol. En France, il se passe en ligne depuis AlphaTango ou en centre d'examen. Le brevet d'aptitude de pilote à distance (BAPD) délivré est valable 5 ans.

BAPD obtenus par déclaration sur l'honneur

Selon la page DGAC sur la catégorie ouverte (mise à jour le 3 septembre 2026), les BAPD obtenus par déclaration sur l'honneur ne sont plus valides depuis le 1er janvier 2026. Pour le renouveler, il faut repasser l'examen en ligne A1/A3, l'examen A2 et la formation pratique.

Le détail de chaque règle figure dans le guide DSAC Catégorie Ouverte. Les cas limites (relief, obstacle de grande hauteur, vol près d'un aérodrome) sont ceux pour lesquels une vérification dans le texte s'impose.

Une question sur votre prochain vol ?

Hauteurs, distances, sous-catégories, dérogations : la base réunit les règlements UAS consolidés et les guides DSAC 2026, et cite la source de chaque réponse.

Cet article présente la règle générale d'après les sources officielles indexées dans la base ; il ne remplace pas leur lecture ni un conseil juridique. Les restrictions locales évoluent : vérifiez-les avant chaque vol.

Questions fréquentes

Quelle est la hauteur maximale pour un drone en catégorie Ouverte ?

120 mètres au-dessus du sol ou de l'eau, mesurés depuis le point le plus proche de la surface de la Terre. Elle est réduite près des aérodromes et dans certaines zones militaires ; les planeurs de moins de 10 kg bénéficient d'une dérogation.

Quelle distance respecter avec les personnes en A2 ?

30 mètres de distance horizontale, réduits à 5 mètres si le drone dispose d'une fonction basse vitesse et qu'elle est enclenchée. La règle 1:1 s'applique aussi : la distance doit être au moins égale à la hauteur de vol.

Peut-on voler de nuit en catégorie Ouverte avec des feux ?

Non. Le vol de nuit est interdit en catégorie Ouverte, même avec un dispositif d'éclairage. Une dérogation peut être demandée au préfet au moins 30 jours avant, et certains sites d'aéromodélisme publiés l'autorisent explicitement.

Faut-il déclarer chaque vol en catégorie Ouverte ?

Non, la catégorie Ouverte ne demande ni déclaration ni autorisation par vol. Exceptions : un vol professionnel en zone peuplée se déclare à la préfecture 10 jours ouvrables avant, et un vol de drone de 900 g ou plus en zone SETBA active se notifie aux Armées.

Quelle est la masse maximale d'un drone en catégorie Ouverte ?

La masse au décollage doit être inférieure à 25 kg. Au-delà, ou pour un vol hors vue, l'opération relève de la catégorie Spécifique.

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